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Dame
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13 juillet 2010

L'Ego des autres


448_18


Au cours de mes nuits sans sommeil, il m'arrive de tournicoter sur mon ancien welblog, et relire certains textes qui marquent ma vie de "Dominatrice", sérieuse sans aucun doute... mais qui ne se prend pas au sérieux.
Ceci souligné, en raison de la solennité qui pendant (presque) 6 mois, nous lia encore plus fort, lui et moi.
Lui, c'est Scribon, mon compagnon de jeux troubles.
Certains "soumis", qui par jeux, mais sans conviction,  ont envie de s'essayer à la chasteté, avec ou sans cage, tricheront... soit par la masturbation, soit par des baises avec femme, petite amie ou/et copines...  tout en affirmant à la Maîtresse crédule qu'ils respectent les règles.
Je peux déclarer  que scribon fut honnête jusqu'au bout du voyage. Ses visites chez moi de plus en plus régulières pour mesurer l'état de ses feux, ses appels téléphoniques, de plus en plus désespérés... me prouvaient sa sincérité... et puis, certaines choses intimes ne trompent pas. 

Certains de mes lecteurs auront déjà lu ce billet qui date du mois de mars 2007. Si je le repasse aujourd'hui, c'est pour éviter au chaland français ou étranger, de taper inlassablement depuis quelques temps,  sur  recherche google "chasteté imposée", et comme par hasard tomber sur mon blog.

C'est vrai que ce billet de Scribon vaut la peine d'être lu et relu...



Mots pour maux
"Est-il permis, ayant salué la belle sensibilité de Madame Larue, d'oser quelques discordances ?
Oui, incontestablement, "le masochiste ne diffère l'accomplissement du plaisir que par ardeur de vivre". C'est même cette ardeur-là qui, si souvent, en fait un être insatiable, et rend d'autant plus rude, plus délicate, la tâche de Celle qui doit réguler (réfrèner) ses appétits et dompter ses instincts.
Mais s'il apprend bien la lenteur - le masochiste n'élève aucune barrière volontaire devant le DESIR. Bien au contraire...
La seule barrière qu'il connaisse, jusqu'à en faire un divin interdit, est celle du PLAISIR.
Affaire de mots ? Peut-être, mais ils ont ici tant d'importance qu'il n'est pas inutile de s'y arrêter un peu.
Le désir, il s'en délecte, s'en repaît. Il s'y complait, Narcisse qu'il est, sachant que seul le désir peut durer quand le plaisir, lui, n'est qu'éphémère. Dans le désir, il s'arroge un droit d'éternité. Loin de démissionner devant la pulsion de mort, il trouve son bonheur, sa béatitude, en s'épargnant, jusqu'à plus soif, la "petite mort", cet instant vide, opaque, qui suit (faut-il dire : punit ?) la jouissance.
A-t-il, pour autant, fait voeu de chasteté, cet incorrigible pervers ?
Pas le moins du monde. Bien au contraire...
Là encore, affaire de mots !
Pourquoi donc confondre CHASTETE et FRUSTRATION ?
Dans sa "souffrance morale", le masochiste est tout sauf chaste. Sauf à borner la chasteté au seul et unique fait de ne pouvoir "se vider". Dans la dictature du désir qu'il s'impose, le masochiste, loin d'être chaste, se vautre dans la luxure. Il faut sans doute avoir vécu des semaines, des mois parfois, dans l'inassouvissement des ses "besoins" pour mesurer "l'état de débauche" dans lequel cela vous plonge! Et imaginez donc ce qu'il advient quand une Dame au vice subtil s'en vient régulièrement, non plus seulement entretenir, mais attiser, aiguiser ce désir pour mieux en interdire la piètre satisfaction...
Chacune de ses caresses devient torture, chacun de ses mots implacable coup de fouet. Comment ne pas l'aimer, de la voir ainsi s'amuser à porter votre envie à l'incandescence ? Comment ne pas succomber à son sourire quand elle vous voit soudain vous tordre pour qu'aucun jet ne se substitue aux quelques gouttes épaisses qui glissent sur le gland violacé ?
"Chasteté", vous avez dit "chasteté" ?
Allons donc ! Ce n'est que vice et perversité, pur bonheur...
Il faudra certes un jour que "vidange" se fasse. Le masochiste redoutera ce jour-là. Mais, aimante, la Dame saura le sublimer, en une cérémonie dont elle sera seule maîtresse, prêtresse.
L'instant n'en sera pas moins fugace. Et ne laissera guère de traces, du moins dans le souvenir que, seuls, habiteront les interminables délices de la frustration."

Scribon.   C'est ici



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Commentaires
D
[I]Il y a deux sortes d'hommes Agnès, quand on leur pose la question :<br /> <br /> "Que faites-vous après l'amour ?"<br /> <br /> 1- "Je me rhabille et je rentre chez moi"<br /> 2- "Je me tourne et je m'endors"<br /> <br /> Post coïtum animal triste[/I]<br /> <br /> [bouquet]
M
Oui, c'est aussi la peur de cette "fin" du désir qu'est l'éjaculation... Quelle déconfiture quand on tombe sur un homme qui s'enfuie après l'éjaculation, honteux et désespéré face à son "vice", ne cherchant absolument pas notre plaisir, mais perdant toute excitation par le simple fait qu'il a vidé ses nobles bourses.
D
[I]* Ben voilà jean-Paul, une réponse de Françoise qui devrait vous satisfaire !<br /> <br /> * Merci Françoise pour ce petit passage afin de remettre les pendules à l'heure...<br /> Une seule chose cependant, même si je suis flattée par vos propos... vous savez fort bien que les personnes écrivant aussi bien que Scribon sont plutôt rares dans notre entourage. <br /> Exact pour la complicité si forte qui nous liait tous deux. Quand je parle de lui, j'emploie l'expression "délicieux compagnon de jeux troubles".<br /> <br /> * Bert, c'est un plaisir de vous "voir" ici... vous qui comprenez si bien la signification de ces mots.<br /> <br /> Bonne journée à tous.[/I][Dame]
B
C'est un délice des mots et des maux...<br /> Tout est dit ou presque dans ce magnifique texte.<br /> Désir d'attendre, piètre satisfaction, le flop d'après tant redouté...<br /> Merci<br /> bert
M
J'espère qu'il n'est pas trop tard pour m'exprimer. Merci à Jean Paul pour ses compliments, mais je suis très loin du talent de Juliette et de Scribon.<br /> Juste un mot sur la chasteté. Pardon pour cette cuistrerie (clin d'œil) mais Deleuze dit à ce propos : « Tout est permis à condition que ça ne mène pas à l’orgasme. Pourquoi ils ne veulent pas de l’orgasme ? Pas parce que c’est fautif. Parce que ce serait l’interruption du désir, et qu’ils parient en droit - j’insiste sur "en droit" - la continuation du désir à l’infini. » Ce désir en continue qui parfois mène à l’extase.<br /> C'est une séance masochiste que de surveiller l’homme ou la femme qui "n'orgasme" pas.<br /> C’est aussi une question de complicité, à ne pas confondre avec l’amour authentique. Beaucoup confondent. <br /> <br /> Pour avoir vécue la chasteté volontaire, dans des moments masochistes, quand j’écrivais, par exemple. Je sais à quel point celui qui me faisait face n’avait d’intérêt pour moi que celui de me mener comme je l’entendais. Cet état m’emmenait au-delà de moi-même. Et me permettait d’écrire sans la notion de temps comme un voyage. Essayer donc la chasteté en restant à jeun, avec un peu de travail, vous développerez vos talents artistiques.<br /> C’est vrai qu’à l’époque je n’avais pas la chance de rencontrer une complicité telle que celle de Juliette et Scribon. Complicité à l’état pur, sans autre promesse que celles de jouer.<br /> Bises
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