L'Ego des autres
Au cours de mes nuits sans sommeil, il m'arrive de tournicoter sur mon ancien welblog, et relire certains textes qui marquent ma vie de "Dominatrice", sérieuse sans aucun doute... mais qui ne se prend pas au sérieux.
Ceci souligné, en raison de la solennité qui pendant (presque) 6 mois, nous lia encore plus fort, lui et moi.
Lui, c'est Scribon, mon compagnon de jeux troubles.
Certains "soumis", qui par jeux, mais sans conviction, ont envie de s'essayer à la chasteté, avec ou sans cage, tricheront... soit par la masturbation, soit par des baises avec femme, petite amie ou/et copines... tout en affirmant à la Maîtresse crédule qu'ils respectent les règles.
Je peux déclarer que scribon fut honnête jusqu'au bout du voyage. Ses visites chez moi de plus en plus régulières pour mesurer l'état de ses feux, ses appels téléphoniques, de plus en plus désespérés... me prouvaient sa sincérité... et puis, certaines choses intimes ne trompent pas.
Certains de mes lecteurs auront déjà lu ce billet qui date du mois de mars 2007. Si je le repasse aujourd'hui, c'est pour éviter au chaland français ou étranger, de taper inlassablement depuis quelques temps, sur recherche google "chasteté imposée", et comme par hasard tomber sur mon blog.
C'est vrai que ce billet de Scribon vaut la peine d'être lu et relu...
Mots pour maux
"Est-il permis, ayant salué la belle sensibilité de Madame Larue, d'oser quelques discordances ?
Oui,
incontestablement, "le masochiste ne diffère l'accomplissement du
plaisir que par ardeur de vivre". C'est même cette ardeur-là qui, si
souvent, en fait un être insatiable, et rend d'autant plus rude, plus
délicate, la tâche de Celle qui doit réguler (réfrèner) ses appétits et
dompter ses instincts.
Mais s'il apprend bien la lenteur - le masochiste n'élève aucune barrière volontaire devant le DESIR. Bien au contraire...
La seule barrière qu'il connaisse, jusqu'à en faire un divin interdit, est celle du PLAISIR.
Affaire de mots ? Peut-être, mais ils ont ici tant d'importance qu'il n'est pas inutile de s'y arrêter un peu.
Le
désir, il s'en délecte, s'en repaît. Il s'y complait, Narcisse qu'il
est, sachant que seul le désir peut durer quand le plaisir, lui, n'est
qu'éphémère. Dans le désir, il s'arroge un droit d'éternité. Loin de
démissionner devant la pulsion de mort, il trouve son bonheur, sa
béatitude, en s'épargnant, jusqu'à plus soif, la "petite mort", cet
instant vide, opaque, qui suit (faut-il dire : punit ?) la jouissance.
A-t-il, pour autant, fait voeu de chasteté, cet incorrigible pervers ?
Pas le moins du monde. Bien au contraire...
Là encore, affaire de mots !
Pourquoi donc confondre CHASTETE et FRUSTRATION ?
Dans
sa "souffrance morale", le masochiste est tout sauf chaste. Sauf à
borner la chasteté au seul et unique fait de ne pouvoir "se vider".
Dans la dictature du désir qu'il s'impose, le masochiste, loin d'être
chaste, se vautre dans la luxure. Il faut sans doute avoir vécu des
semaines, des mois parfois, dans l'inassouvissement des ses "besoins"
pour mesurer "l'état de débauche" dans lequel cela vous plonge! Et
imaginez donc ce qu'il advient quand une Dame au vice subtil s'en vient
régulièrement, non plus seulement entretenir, mais attiser, aiguiser ce
désir pour mieux en interdire la piètre satisfaction...
Chacune de
ses caresses devient torture, chacun de ses mots implacable coup de
fouet. Comment ne pas l'aimer, de la voir ainsi s'amuser à porter votre
envie à l'incandescence ? Comment ne pas succomber à son sourire quand
elle vous voit soudain vous tordre pour qu'aucun jet ne se substitue
aux quelques gouttes épaisses qui glissent sur le gland violacé ?
"Chasteté", vous avez dit "chasteté" ?
Allons donc ! Ce n'est que vice et perversité, pur bonheur...
Il
faudra certes un jour que "vidange" se fasse. Le masochiste redoutera
ce jour-là. Mais, aimante, la Dame saura le sublimer, en une cérémonie
dont elle sera seule maîtresse, prêtresse.
L'instant n'en sera pas
moins fugace. Et ne laissera guère de traces, du moins dans le souvenir
que, seuls, habiteront les interminables délices de la frustration."
Scribon. C'est ici
