O tempora ! O mores
A mon avis, mis à part le progrès de la science (grossesse, une femme n'accouche plus dans la douleur, quelques autres petites choses), le vocabulaire un peu différent... dans cette nouvelle de Voltaire, en 240 ans, rien n'a changé, rien n'est prêt à changer.
Le mot "Femme" en lui-même veut dire "soumise", et si une femme au fort caractère prend le pouvoir dans un foyer vanille, elle sera pour son entourage considérée comme une femme chiante, insupportable, presque une mégère.
Il n'y a que dans nos plaisirs de Domination/soumission que ces femmes s'épanouiront en qualité de Dominatrices... Et encore ! Point trop n'en faut au Mâle qui s'offre.
"Sommes-nous donc des esclaves ?
N’est-ce pas assez qu’un homme, après m’avoir épousée, ait le droit de
me donner une maladie de neuf mois, qui quelquefois est mortelle ?
N’est-ce pas assez que je mette au jour avec de très grandes douleurs
un enfant qui pourra me plaider quand il sera majeur ? Ne suffit-il pas
que je sois sujette tous les mois à des incommodités très désagréables
pour une femme de qualité, et que, pour comble, la suppression d’une de
ces douze maladies par an soit capable de me donner la mort sans qu’on
vienne me dire encore : Obéissez ?
« Certainement la nature ne l’a pas dit ; elle nous a fait des organes différents de ceux des hommes ; mais en nous rendant nécessaires les uns aux autres, elle n’a pas prétendu que l’union formât un esclavage. Je me souviens bien que Molière a dit :
Mais voilà une plaisante raison pour que j’aie un maître ! Quoi ! Parce qu’un homme a le menton couvert d’un vilain poil rude, qu’il est obligé de tondre de fort près, et que mon menton est né rasé, il faudra que je lui obéisse très humblement ? Je sais bien qu’en général les hommes ont les muscles plus forts que les nôtres, et qu’ils peuvent donner un coup de poing mieux appliqué : j’ai peur que ce ne soit là l’origine de leur supériorité."
Femmes, soyez soumises à vos maris
Voltaire, 1768
La courte nouvelle en entier
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