Motif de discorde.

Dans la nuit, Scribon répondait au post "Jeux troubles". Il me donne ainsi l'occasion d'un échange en direct, comme au bon vieux temps sur un certain forum.
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Comme toujours, je suis donc en retard, gente Dame. Pire, c'est l'insomnie, et elle seule, qui vient de me faire ouvrir votre journal qui, en ce 10 juin, s'est fait fort... intime !
Mon cher Scribon, si je me faisais encore des illusions quant à l'intérêt que vous portez à ma prose en venant sur mon weblog, vous m'en voyez bien dépitée... Voilà qu'une nouvelle maîtresse, Insomnie, guide vos yeux battus au milieu de la nuit....
Vous cultivez le souvenir. Voilà, une fois encore, qui nous rassemble. Et puisque, en l'occasion, vous m'y associez, que n'en pâlirais-je point d'émotion. Mais voilà aussi qu'au détours d'un commentaire vous m'attribuez en outre, hors saison, un "oscar du porno".
J'en suis si honoré que, montant sur scène, tête basse mais queue fière, je suis bien obligé de trousser quelque remerciement, comme il est d'usage.
Peut-être auriez-vous préféré recevoir de gode d'Or ? Il n'y a pas de saison pour cela ! Nous avons raté le festival de Cannes... Vous voir monter les marches du Palais, Vanessa del Rio (nommée "anal queen") à votre bras, fier et la queue triomphante ne m'aurait pas déplu... soupir. Je vous imagine dans "Gala" et "Voici"... re-soupir.
Je m'efforcerai d'être bref, même si, en ce milieu de nuit, personne, depuis les coulisses, ne me supplie d'abréger.
Disons simplement que, venant de Vous, cet oscar - "star du porno" - me ravit tout particulièrement. Car vous devez à vos lecteurs de dire que la "pornographie" fut, entre nous, un motif de discorde, le seul d'ailleurs.
Exact... C'est ce souvenir qui m'a fait vous attribuer le titre honorifique de "star du porno"... Voir en image une foufoune ouverte jusqu'à la gorge, et une grosse queue bandante, ne me fait passer aucun sentiment (si peu qu'il y ait des sentiments placés à cet endroit). Pourtant vous avez des arguments convaincants .
Vous m'en saviez fort épris. Vous manifestiez, vous, à son égard, bien des réserves. Je vous avais alors adressé quelques lignes, que je viens de retrouver au fin-fond d'un fichier perdu dans un dossier noyé dans le disque dur de mon ordinateur (voilà où désormais se nichent les cachettes que nos vieux parents croyaient sûres dans les recoins de leur bibliothèque).
Sans doute les avez-vous oubliées, ces lignes. Je vous les renvoie car, des années plus tard, je n'en retirerais rien
"La retenue m'assèche, la distance me rend tiède, disais-je. J'ai besoin de mots lourds, parce qu'ils me sont légers, et non graves. J'ai besoin de mots crus, parce qu'ils me sont doux, et non brutaux. L'érotisme, réduit à l'allusion, n'est pour moi qu'illusion. J'aime la pornographie. Elle n'est pas la version gueuse d'un érotisme "anobli" par ses voiles. Ni le revers graveleux d'un érotisme "poli" par ses euphémismes. Ni l'envers gras d'un érotisme "modelé" par la grâce. Elle est l'érotisme accompli, délivré, dé-mesuré.
Voilà pourquoi j'aime être pornographié, posé là où le désir d'une dame l'a voulu, à quatre pattes, ouvert et cambré, paquet pendant et trou offert. Attendant ses caprices, sans autre crispations que celles de mon anus…"
Je n'ai rien oublié de vos mots mon cher Scribon. Ne jouons pas de fausse modestie. Venant de vous, rien n'est vulgaire, et si vous, vous pouviez vous permettre d'employer des mots crus tels que je les ai lus et reçus, moi il m'était impossible de les écrire (dire ? mots ou situations)... c'est ce que vous ne vouliez pas entendre et pourtant je ne suis pas bégueule... Mais nous n'allons pas revenir sur cette polémique devant les lecteurs du blog.. rires. Il me semble pourtant que la discussion avait débutée par des images...
Que certaines de vos ouailles, chère Dame, m'en excusent. Sensible à leurs compliments, je suis au regret de leur dire que je ne suis, ni ne me sens poète...
Quant à la très délicate proposition de votre amie Nerilka (j'apprécie son talent), je ne saurais y donner suite : non, comme vous dites, que je sois "difficile à satisfaire" (méchante langue !)
rires... langue de pute ! Osez... osez...
mais vous me savez, vous, bien trop velléitaire pour supporter, à votre image, les contraintes d'un blog.
Je sais... je sais... et c'est bien dommage, d'où ma réponse à Nérilka..
Je remercie quand même Insomnie.
Posté par scribon, 14 juin 2008 à 01:42
Illustration : "noire et blanche" Man Ray